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Le canto des courants obliques

Statut : collage en réponse au challenge de Azylis et de son coffre

Cartel : Une créature triple a émergé dans les eaux d’Okéanos.

Face aux courants obliques, elle(s) s’interroge(nt) : « Should I stay, or should I go ? »

LE CANTO DES COURANTS OBLIQUES

(Chant premier : de l’Accueil des Étrangers)

Ainsi chantent les sirènes, quand les courants se font doux,
Quand la mer, lasse de rugir, ouvre ses bras à ceux qui n’ont pas de nom.

Il est des créatures que la mer ne forge pas.
Elles ne naissent pas de ses vagues, ni de ses abysses,
Ni des larmes des dieux noyés, ni des rêves des marins perdus.
Elles arrivent.
Cabossées.
Déchirées.
Déformées par le vent, le sel, le temps, les échouages.
Elles viennent d’ailleurs, d’un rivage qui n’existe plus, d’un ciel qui s’est effondré, d’un rêve qui s’est brisé.

Et Okéanos, le Grand Océan, le Ventre de Tout,
Ne les rejette pas.
Il les accueille.

Par les courants obliques (ces voies secrètes, tordues, imprévues)
Elles glissent, elles rampent, elles flottent, elles tombent.
Et là, dans les eaux de son royaume,
Elles s’adaptent.
Elles changent de peau.
De forme.
De nom.
De mémoire.

Car le nom n’est jamais le même d’un rivage à l’autre
Un jour, Kornikaned.
Un autre, Poulpiquet.
Un troisième, Teuz.
Un quatrième, Boléguéan.
Mais Okéanos, lui, les reconnaît.
Par leur souffle.
Par leur sang.

Il est vaste.
Plus vaste que les cartes.
Plus vaste que les dieux.
Plus vaste que les peurs des hommes.

Dans sa profondeur
Il y a de la place.
Pour ceux qui passent
Pour ceux qui restent
Pour ceux qui re-naissent
Pour ceux qui oublient
Pour ceux qui se souviennent.

Et quand les sirènes chantent,
C’est pour eux.
C’est pour elles.
C’est pour tous ceux qui n’ont pas de port, mais ont un chemin.

Le Canto en eaux troubles

le scriptorium, ce coworking toxique, version boloss

une enluminure ? ouais, tout le monde sait ce que c’est.
sauf qu’ici, c’est pas du luxe. c’est le scripto d’une abbaye, genre, au fin fond de la Bretagne, là où l’air sent le suif + la vache qui a pris la pluie.
frère Gwilherm est là. dos voûté. regard mort. devant lui : une lettrine qui veut pas coopérer.

dans sa tête : la litanie des témoins qui tourne en boucle.
migraine garantie.

– une créature triple ? déjà, c’est suspect. la trinité, c’était censé être verrouillé juridiquement.
– une forme principale. avec un tentacule. pourquoi un tentacule ?
– deux ajouts non demandés :
→ un violet, air ahuri, dents dehors, humeur instable. probablement là parce que quelqu’un a dit “ça équilibre la compo”.
→ un bleu. rond. trop rond. trop rond pour être honnête. c’est le cerveau. forcément.

le bleu pose problème. il est là. martelé. les témoins psalmodient : “le bleu est important”. personne sait pourquoi. tout le monde est d’accord.
Gwilherm note en marge : “le bleu est important” → puis il corrige : “dérangeant”. ça fait plus sérieux.

le nom ? erreur fatale. chaque port a donné le sien :
kornikaned. poulpiquet. teuz. boléguéan.
aucun ne commence pareil. aucun ne finit pareil. aucun ne rassure.
pour la lettrine : c’est la mort.
il écrit tout en petit autour.
comme ça, juridiquement, il est couvert.

récap’ du énième brief inutile :
→ frère Renan insiste pour mettre des yeux partout. comme un plugin mal installé.
→ frère Guénolé dit non : un seul œil. très sérieux. au milieu. ambiance logo d’ordre secret.
→ on a testé les deux. c’est moche.
→ frère Tugdual débarque sans avoir suivi : “tout ce qui vient de la mer mérite une collerette”.
personne sait d’où il sort ça. on ignore.
→ le frère cellérier regarde le bleu. puis le pot de pigment.
il note : “ce lapis-lazuli va nous faire manger de la soupe claire jusqu’à la fin des temps”.
personne ne répond.

entre complies et vigiles.
passage du père abbé. main ferme. pressée.
il a pas le temps pour ces conneries.

ENLUMINURE VALIDÉE.

personne ne comprend.
mais c’est validé.
on enchaîne.

lol. ptdr. le bleu est dérangeant. et la collerette ? toujours pas expliquée.

#scripto #toxicwork #abbaye #lapislazuli #migraine #lettrine #frèreTugdualEstUnMystère #pasdelalectureclassique

Plus tard, beaucoup plus tard… des siècles plus tard.

Le problème, c’était le bleu.

La journée était morte depuis longtemps. Dans la lueur blafarde des lampadaires qui léchaient son bureau, Raymond tournait encore le vélin entre ses doigts.

Il l’avait déniché là où personne ne regarde : coincé derrière une boiserie pourrie, dans une maison des beaux quartiers oubliés, abandonnée pour un cube de verre et de chrome dans le nouveau quartier des affaires.
Un meurtre sordide s’était déroulé là.
Les indices ? Minces. Et tous dans sa main.

Un moine copiste avait sué dessus.
Quelqu’un d’autre, bien plus tard, avait voulu le cacher.
Pas pour sa beauté.

Quelque chose clochait.
Mais impossible de mettre le doigt dessus.

L’ensemble dérangeait, à en croire la note marginale du moine.
Et la dernière ligne, sèche comme un couperet : « Enluminure validée », ne le rassurait pas.

Il se resservit une rasade de Lagavulin.
Trop fatigué pour contredire des gens aussi sûrs d’eux depuis si longtemps.
L’enquête pouvait bien attendre une nuit de plus.

« Le bleu, c’est pas une couleur. C’est une erreur. Et les erreurs, elles tuent. »


Bonus track

LE CANTO DES COURANTS OBLIQUES — VERSION BOLLOSS-ÉPIQUE
(aka “le chant que tu écoutes en buvant du Lagavulin dans un sous-marin avec des sirènes qui font des mèmes”)

Ainsi chantent les sirènes, quand les courants se font doux
(et qu’elles ont fini de poster leur story sur #coffredazylis)

Il est des créatures que la mer ne crée pas
Elles arrivent.
Cabossées.
Déchirées.
Déformées par le voyage.
Et parfois, elles ont même pas de nom.
Juste un hashtag.

#Kornikaned
#Poulpiquet
#Teuz
#Boléguéan

(ptdr c’est pas un nom, c’est un bug du système)

Elles entrent dans Okéanos par les courants obliques
→ pas la voie officielle,
→ pas le GPS,
→ pas le plan du ministère de la Mer,
→ par le truc qui déconne, qui tourne en rond, qui te fait atterrir dans un endroit où t’as pas demandé à aller.

Mais Okéanos, lui, il s’en fout.
Il les laisse passer.
Il les observe.
Il les reconnaît.
Pas par leur nom.
Pas par leur forme.
Par leur vibe.
Et leur odeur de sel et de regret.

Et il dit :

“T’es là ? Bon.
T’es cabossé ? Cool.
T’as pas de nom ? Pas grave.
Je t’appellerai ‘le bleu’ jusqu’à ce que tu trouves le tien.
Ou jusqu’à ce que tu disparaisses.
C’est toi qui vois.”

Dans sa profondeur
Il y a de la place
Pour ceux qui passent.
Pour ceux qui restent.
Pour ceux qui oublient.
Pour ceux qui se souviennent.
(et pour ceux qui postent des stories avec des poissons en papier et des algues en ficelle à poulet)

Et quand les sirènes chantent,
C’est pas pour les dieux.
C’est pour vous.
Les égarés.
Les déformés.
Les sans nom.
Les qui ont pas de port.
Mais qui ont un chemin.
Même s’il est oblique.
Même s’il est boloss.
Même s’il mène à rien.
Ou à tout.

Bonus boloss : (un bonus de bonus, donc ^^)
🐠 “ptdr le bleu il est là depuis des siècles et il a même pas de nom officiel, mais il a un rôle dans la légende, donc il est canon.”
🧭 “les courants obliques = le GPS de la mer quand elle a bu un coup de trop.”
💬 “Okéanos : ‘je suis pas là pour juger, je suis là pour accueillir. Et aussi pour faire des collages avec du papier et de la colle.’”
📸 “#coffredazylis challenge : tu fais ton truc, tu le postes, et Okéanos te reconnaît. Même si t’as mis un poisson en carton sur un fond de peinture à l’eau.”

🌊🔥 #bolossepique #okéanos #courantsobliques #coffredazylis #ptdr #lagavulin #sirènesenstory #jenesuispasunpoissonmaisjepasse

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