minuscule père d’une lignée plus nombreuse que les étoiles
















Statut : Livre tunnel, entièrement fait main, hors série
Format
Environ 5 × 4 cm
Matériaux
Couverture en papier marbré vénitien
Pages en papier aquarelle Clairefontaine et papier calque
Accordéons en papier Kozo
Aquarelles Schmincke super granulation
Cartel : Résilience et humilité sont les fondements de ce petit théatre de poche
Points d’intérêt : Paléoart réalisé à partir d’un squelette de dimétrodon
Usage du calque, en écho aux pratiques de dessin sur tablette
Présence de fougères cosmico-quantico-spectrales (élément du lore)
Le Canto du Dimillimétrodon
En ces temps-là, des géants arpentaient la terre,
et le dimillimétrodon marchait parmi eux.
Ils étaient immenses, bruyants,
et laissaient derrière eux des mondes bouleversés.
Lui, avançait sans bruit,
trouvant sa pitance dans les creux d’eau oubliés,
là où personne ne va.
Dans ce monde où tout n’était qu’exagération,
on ne le voyait pas, on ne le craignait pas.
Il était trop petit pour les récits
et trop discret pour les peurs.
Mais il était là.
À la lisière.
Survivant à peine,
persistant pourtant, attendant son heure.
Lorsque les géants disparurent,
emportés par leur propre démesure,
le dimillimétrodon, lui, continua,
évoluant à sa mesure.
Et il se murmure que des lignées venues après la chute des géants,
plus petites, plus souples, plus endurantes,
gardent en elles quelque chose de sa marche silencieuse
quelque chose qui plie sans rompre,
et traverse le temps.
Journal d’aventures
(récupéré dans un bar après une nuit de beuverie, authenticité débattue)
Je me promenais pépouze en forêt en attendant l’arrivée du club des « joyeux fouineurs », une bande de vieux croûtons ingambes, que je devais encadrer.
À la base, ma mission était simple.
Observer un écosystème tranquille, deux trois bestioles, éventuellement un peu d’eau, retour au bus, bye-bye les anciens, rentrer chez moi.
C’était sans compter sur le retard pris par le bus : une pause pipi toutes les demi-heures ça finit par chiffrer, ni sur la panique générale qui a suivi l’arrivée de la joyeuse bande sur site. Faut avouer, macérer pendant des plombes dans l’odeur de pet faisandé, ça te motive à t’extirper fissa.
Et c’est pendant cette bousculade épique (rends moi ma canne, je ne peux pas marcher sans, laisse moi le temps de descendre du bus avant de me rendre mon sonotone, n’essaie pas de me voler mon sac, je t’ai à l’œil… et j’en passe) que Billy a touché une fougère, mais évidemment c’était pas n’importe laquelle sinon j’aurais rien eu à te raconter.
C’était une fougère cosmico-quantico-spectrale.
Tu vois le dawa : on s’est tous retrouvés dans un corridor spatio-temporel en forme de truc végétal mal rangé,
avec aspiration partielle de la bande et perte totale de ce qui nous restait de dignité, vu qu’on n’avait aucune procédure adaptée.
On s’est tous retrouvés cul par dessus tête au beau milieu de l’ère paléo-quelque chose.
Tout était trop humide, beaucoup trop bruyant (plus personne n’avait besoin de sonotone, je te le dis) et surdimensionné.
Mais surtout, y’avait des bestiaux partout, des bestiaux avec très peu de sens critique.
Bon, je te la fais courte sinon on y est encore demain : heureusement que j’avais prévu du matos, parce que la paire de jumelles étanches au 10 x 100 000, elle a sauvé le trip.
Imagine, je me penchais viteuf’ au bord d’une empreinte comaque du genre jacuzzi XXL, quand ma paire de jumelles s’est placée juste dans mon champ de vision. J’allais la virer de là quand j’ai aperçu in extremis dans un coin un peu moins profond, un dimillimétrodon.
Il était tellement petit qu’on a failli passer à côté *
C’était objectivement pas impressionnant, mais la bestiole était clairement en train de gérer.
Greg, le thésard du groupe, a insisté pour tej’ un œil, malgré ses lunettes fracassées par la chute. Il nous a asséné un « c’est un synapside ! »** tonitruant, ce qui nous a tous laissés comme deux ronds de flan.
Ça a attiré l’attention d’un mastodonte qui passait dans le coin, alors on s’est tous rués sur la première fougère venue.
Pendant le retour on s’est retrouvés en compagnie d’un pharahéron (coiffe ajustée, prestance) et d’un jigzosaure (furtif, très intéressé), qui ont bifurqué presto : ces gonzes gèrent les fougères, j’tel’dis…
*ou l’écraser, et là t’es pas prêt pour la disparition totale de tous les mammifères terrestres mon gars.
** comprendre : ce n’est pas un dinosaure. Mais à ce moment là, ça nous a paru vachement moins important que de se rappeler la date de notre dernier vaccin contre le tétanos.
← Retour à la page des livres uniques

