Statut : collage de dessins aquarellés et découpés
format : env. 10 x 7 cm
Aquarelles schmincke super granulation sur papier aquarelle 300g
Mai 2026
Cartel : Entre rêve, science-fiction et utopie écologique, La Serre Micellaire évoque un sanctuaire où la nature survit à l’abri des regards. Une invitation à croire que, même dans le froid, quelque part, la croissance continue.




Le texte du verso :
La serre micellaire : L’histoire de Lina
Dans un monde devenu gris et silencieux, Lina découvrit une structure intacte au cours d’une traque : une serre.
En essuyant la vitre, elle vit apparaître une forêt luxuriante de champignons géants, pulsant de lumière et de chaleur.
Elle se frotta les yeux… ce n’était ni un rêve, ni une illusion !
C’était un refuge où la vie avait appris à survivre sans l’homme.
Lina comprit que la serre micellaire protégeait l’avenir du monde.
Elle ne chercha pas à entrer : ici la vie continuait de pousser, immense et bienveillante, en attendant que le dehors soit prêt à guérir.
Le texte complet de la nouvelle inspirée par La serre micellaire :
Le monde s’éteignait doucement, sans bruit ni fracas. Le gris s’installait, jour après jour, jusqu’à effacer les contours des villes et le chant des oiseaux. Les derniers humains erraient comme des ombres, le regard vide, cherchant une chaleur qui n’existait plus.
C’est au cours d’une traque qui l’avait menée plus loin que d’habitude, que Lina trouva la serre.
Elle était là, au détour d’une rue envahie par les ronces de béton, intacte. Une structure ovale, cerclée d’une grille verte patinée par le temps, semblable à un œil gigantesque posé sur le sol.
À travers les carreaux poussiéreux, quelque chose pulsait.
Lina s’approcha, le souffle court. Elle essuya la vitre du revers de sa manche et elle vit.
À l’intérieur, une forêt de champignons géants palpitait. Des pieds aussi larges que des maisons s’élevaient vers une voûte de brume dorée, leurs chapeaux déployés comme des parapluies de velours pourpre et ocre. Des filaments lumineux, bleutés et doux, couraient le long des parois, tissant une toile de vie intense. L’air, derrière la vitre, semblait vibrer d’une chaleur humide.
Ce n’était pas un rêve, elle était devant à un refuge.
Qui avait construit cette arche de verre et de métal ? Qui avait protégé ces géants micelliens alors que le reste du monde se fanait ? Lina posa sa main sur la vitre. De l’autre côté, comme en réponse, un fin réseau de spores lumineuses vint se coller au verre, dessinant une étoile éphémère.
Dans cette bulle de vie, quelque chose de nouveau s’écrivait. Une histoire où l’homme était le spectateur d’une nature qui avait appris à survivre sans lui.
Lina resta là, longtemps, les yeux grands ouverts. Le vent gris soufflait toujours, mais ici, devant la serre, elle sentit pour la première fois depuis des années une chaleur revenir dans sa poitrine.
Elle n’essaya pas d’entrer, elle n’en avait pas besoin : il lui suffisait de savoir que, quelque part, la vie continuait de pousser, immense et silencieuse, derrière une fenêtre.
Qui sait, peut-être qu’un jour, quand le monde dehors aura assez guéri, la porte s’ouvrira d’elle-même.
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