









Statut
Dimensions : 40 × 15 × 5 cm (fermé) | 40 × 15 × 40 cm (déployé).
Structure : Livre sculptural à double drapeau, entièrement fait main.
Matériaux : Papiers Kozo, papier aquarelle, calque, feuille de sous-main.
Techniques : Aquarelle Schmincke Supergranulation, dessins esquissés au crayon, assemblage de bandes de papiers de différents grammages.
Juin 2026
Cartel
Ce livre sculptural de grand format ne se laisse pas saisir au premier regard. Sa structure, composée de bandes de papiers de différents grammages aux décors variés, lui donne une présence résolument océanique.
Légende mythique
Écoute, car ceci est le Canto du peuple dissimulé. Il nous vient du Chant de la Mémoire Ancienne.
Il existe, au cœur des contrées d’Okéanos, un peuple insaisissable. Nul ne sait depuis quand il habite les forêts de laminaires, les récifs d’écume et les plaines mouvantes où la lumière se brise en mille éclats.
On raconte que ses membres ont tant écouté les courants qu’ils ont fini par leur ressembler. Peu à peu, les bleus de l’abîme ont teint leur peau, les courbes des herbiers ont plié leur silhouette, et leur présence est devenue aussi discrète qu’une ombre sous la surface. Ils ont choisi le mimétisme pour mieux appartenir au monde, jusqu’à devenir une part du grand souffle de la mer.
Aussi, voyageur, si tes pas t’emportent vers des rivages isolés, ouvre grand les yeux : cette algue qui danse, cet oursin hérissé, cette anémone ouverte… sont peut-être les membres de ce peuple d’une sagesse ancienne, qui voit dans chaque créature une expression différente du souffle d’Okéanos.
Souviens-toi alors du Canto du peuple dissimulé : Dans le miroir de l’onde, nous ne faisons qu’un.
Le boloss du Canto
Tu vois ces gens qu’on ne remarque jamais ? Les champions du monde de la discrétion, là.
Le genre de type qui bosse dans le cubicle de l’autre côté de l’allée depuis quinze ans, qui va à la cantine aux mêmes horaires que toi, que tu croises dans les séjours proposés par ton CE, et qu’un beau matin tu découvres qu’il s’appelle Aldebert alors que tu le connaissais comme « le monsieur avec le pull beige ».
Voilà. Le peuple dissimulé, c’est pareil. Mais en plus poussé.
Plus imbriqué qu’un hiéroglyphe dans la muraille, plus translucide qu’un calque devant une fenêtre, plus méconnaissable qu’Yves Lecoq aux Guignols…
Ces gonzes, ils jouent le jeu du mimétisme à wattmille pourcent.
C’est la métamorphose à la frame : Et que je longe un tombant, et que je traverse un champ de laminaires, et que je flotte au-dessus d’une colonie d’anémones ou d’une bande d’oursins en vadrouille… Y’a degun qui te repère. Tu fais carrément partie du paysage.
T’es l’arrière-plan flou de la photo, le figurant numéro 17 dans une scène de marché, le troisième caillou à gauche dans un documentaire animalier, le truc que personne regarde parce que tout le monde regarde autre chose.
Le hic, c’est qu’à force de jouer à ça, y’a moyen de s’y perdre.
T’imagines passer trois siècles à faire semblant d’être une
anémone ?
Au bout d’un moment, même toi tu commences à te demander si t’es encore une créature marine ou si t’as juste développé une passion excessive pour rester planté au même endroit en attendant qu’un poisson passe.
Un Horace Slughorn qui aurait oublié qu’il n’est pas un fauteuil.
It’s a Bird… It’s a Plane… It’s … wait, what ?
T’as la ref ?
C’est l’algue qui joue à marco-polo au fond de la flotte.
C’est l’oursin qui nie tout lien de parenté.
C’est l’anémone en planque longue durée.
C’est le Canto du peuple dissimulé.
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