













































Statut : livre d’artiste entièrement réalisé à la main, 20 × 13 × 8 cm, environ 35 cm de diamètre une fois ouvert.
Matériaux : carton, bristol très épais, papier noir Derwent, papier noir issu d’un ancien carnet, papier de riz cru, kapok, encres Winsor & Newton, encre de Chine, aquarelles Sennelier et aquarelles à granulation Schmincke.
Cartel : Une île volcanique surgit au milieu de l’océan.
La roche est entièrement construite à partir de papiers travaillés, froissés, déchirés et mis en volume afin d’obtenir un rendu brûlé et minéral. L’ouverture du livre révèle la cheminée centrale du volcan.
La légende du canto
Écoute, car ce chant nous vient du Livre des Origines.
C’est un chant d’avant le langage et l’écriture, transmis d’âge en âge jusqu’à nous.
Il se raconte qu’avant même que notre terre soit formée, des êtres sentients installèrent leur monde à son emplacement, puis attendirent que des matériaux s’agrègent tout autour afin de le protéger.
La légende dit que ce peuple vit toujours au centre de la Terre et que, de temps à autre, certains de ses habitants ouvrent des portails jusqu’à la surface afin de s’assurer que le monde qui les protège poursuit son lent équilibre.
Ainsi naîtraient les volcans, parfois sur la terre sèche, parfois dans le royaume d’Okéanos.
Les anciens racontent que ces portails favorisèrent l’éclosion de nombreuses formes de vie, d’abord dans les flots, puis s’égayant dans tous les écosystèmes du globe. Le Canto de la première rencontre en conserve la mémoire et s’en fait l’écho.
Aussi, quand la terre tremble et laisse affleurer ses entrailles, souviens-toi du Canto des Origines et des secrets qu’il détient.
À la Criée
(un vieux bastringue sur le port)
L’aut’ jour, pendant qu’on s’étripait sur une énième partie de tarot à La Criée chez le Gwendal, t’as le Marco qui déboule tout excité.
Hé gros, tu devineras jamais, on était là au milieu de nowhere du côté des Trentièmes, à chiller pepouze sur le pont en jouant aux osselets pour savoir qui se coltinerait la prochaine corvée de nettoyage de cale quand la vigie s’est mise à brailler « terre en feu ! Droit devant ! »
Tout l’équipage s’est radiné en moins de deux pour voir ça ! On s’est dit que le Guédic avait encore forcé sur la gnôle, mais non… Juste là, droit devant, là où de mémoire de vieux briscard y’avait jamais rien eu sur les cartes, paf ! Y’avait une île qui crachait des cailloux comaque et qui vomissait ses tripes tout ce qu’elle pouvait.
J’te jure, on a jamais viré de bord aussi vite.
Là, t’as le Gwendal qui lui sert une bonne rasade de pif.
Vas-y Marco, raconte…
