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Une rêverie exo-bio-poétique

[en] »An Exo-Bio-Poetic Reverie » is a large-scale accordion book that unfolds in two distinct sections, titled « The beginning is the end is the beginning » and « The end is the beginning is the end. »

A truly interactive work of art, it takes us on a journey through the imaginary discoveries of a scientist-explorer on his extraterrestrial travels. We step into a visual and poetic narrative, where each fold and each page reveals a new world.

Designed as an unfolding fresco, it allows for a continuous reading experience, where every fold unveils a fresh universe, a new stage of the journey, a new planet or ecosystem to discover, like the illustrated pages of a logbook.

The intrinsic structure of the work allows the story to unfold in an endless loop, symbolising the infinite cycle of discovery and renewal, where every ending marks a new beginning.

[Fr]Carnet accordéon d’une grande envergure, « Une rêverie exo bio poétique » se déploie en deux parties distinctes, intitulées « The beginning is the end is the beginning » et « The end is the beginning is the end ».

Véritable œuvre d’art interactive, il nous propose une plongée dans les découvertes imaginaires d’un scientifique explorateur au cours de ses voyages extra-terrestres. Nous entrons dans un récit visuel et poétique, où chaque pli et chaque page dévoilent un nouvel univers.
Conçu sous la forme d’une fresque dépliable, il permet une lecture continue où chaque pli révèle un univers inédit, une nouvelle étape du voyage, une nouvelle planète ou un nouvel écosystème à découvrir, comme les pages d’un journal de bord illustré.
La structure intrinsèque de l’œuvre permet à l’histoire de se construire en boucle, symbolisant l’infini cycle de découvertes et de renouveaux, où la fin marque un nouveau départ.


Ce livre fait désormais partie de la cosmogonie Les Archives des Vagabonds du Continuum. Il s’accompagne à présent d’un récit. Le voici :



Ce bouquin a failli me rendre fou, mon vieux. Je l’ai récupéré au fond d’une grotte humide de Delta Pirensis, du côté des marais de Nurdia.
À l‘époque, une rumeur courait à propos d’un gisement de tyrasène assez grand pour te rendre riche sur 20 générations. T’imagines bien que j’allais pas laisser passer l’occase.

J’ai vite repéré la caisse de matos qui traînait dans un coin, la bonne aubaine tu vois. Bon, pas de bol, c’était celle d’un intello, remplie de quincaillerie dont je voyais pas à quoi que ça pouvait servir. Mais je me disais que je pourrais en tirer un bon prix chez Gerd l’entubeur, vu qu’il est pas trop regardant sur le pédigree de la marchandise. Ouais, j’accouche, laisse-moi te raconter.
Au fond de la caisse j’ai senti un truc un peu mou, je le sors, c’était un bouquin. Vachement bien emballé dans plusieurs couches de tissu tout rêche le bestiau. Du Palijin que ça s’appelle. T’en trouves partout de cette vermine-là, dans le coin.

Bon, y’avait aucune trace de corps dans la grotte. Ça m’a mis la puce à l’oreille : p’têt bien que le gonze au carnet était là dans un recoin, à m’espionner.

J’étais sur le qui-vive t’imagines bien, silencieux comme un Jama, à guetter tous les bruits.
Rien.

Je me suis installé contre la paroi du fond, face à l’entrée pour pas me faire dézinguer par derrière, tu vois, et j’ai ouvert le calepin. C’était bourré à craquer de crobars. Des trucs de prof binoclard. Du coup ça m’a détendu direct, ce genre de gonze ira pas défourailler s’il me voit fouiner dans son barda.

J’ai essayé d’entraver quéq’chose à tout ce fatras, des fois qu’il aurait repéré le gisement de tyrasène. Mais j’ai eu beau tourner le bouquin dans tous les sens, essayer de me repérer dans les cartes, dans les crobars de fleurs et de caillasses. Nib.
Je sais même pas s’il était au jus du grisbi qu’on pouvait se faire dans le coin.

Des s’maines que je suis resté comme un rat à essayer de me dépatouiller avec les gribouillis du mec. Sur la fin, j’espérais carrément qu’il se pointe comme une fleur pour me faire la leçon.

C’est ce qui m’a décidé à me casser de là, ça tournait plus rond dans mon ciboulot.

Tu vois, ça fait deux mois que je suis rentré et j’arrive toujours pas à me décider de passer chez le vieux Gerd pour me débarrasser de tout ce merdier.
Tu crois que ce truc m’a jeté un sort, vieux ?

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