Le canto du clair-obscur

Format : Environ 5 × 4 cm
Matériaux : Papier aquarelle, papier calque, papiers japonais
Socle lumineux USB

Techniques : Aquarelles, découpe, superpositions, travail de la lumière


Cartel
Dans les profondeurs d’Okéanos, le chant maintient l’équilibre du monde.
Mais parfois, un fragment dévie.
Un rythme se dérègle.
Et quelque chose d’imprévu s’inscrit dans la matière.

🌊 Le Canto du Clair-Obscur

La légende raconte que c’est dans les gouffres les plus profonds d’Okéanos, où la lumière ne subsiste plus qu’en filaments, où le ressac se tait, et où même les courants n’osent plus pénétrer, que les sirènes apprennent à chanter.

Dans ces abysses, la clarté n’est plus visible, elle se devine.
Elle vibre dans les parois des cavernes tapissées de souvenirs lumineux, de chants anciens, de voix perdues et retrouvées.

Il se dit que plus le gouffre est profond, plus la voix qui en naît est pure.
Les notes les plus cristallines s’y forment à l’abri du regard, loin du jugement, hors du temps.

Lorsqu’une sirène ose enfin remonter des profondeurs portant dans sa gorge l’écho des ténèbres, son chant fait trembler les océans, car il contient tout ce qui fut caché, tout ce qui fut aimé, tout ce qui fut perdu.

Ce canto en est une trace.
Un sanctuaire de papier et d’encre, où la lumière persiste dans l’ombre.

Ouvrez-le.
Écoutez.
Le clair-obscur chante.

🌊 Le Canto du Clair-Obscur, version « Glitch dans la Matrice »

Le plot c’est que dans les gouffres d’Okéanos, les sirènes chantent en continu pour éviter que l’Univers ne plante comme un vieux serveur sous Linux (ou pire, que le live freeze en plein refrain), un flux propre, sans accroc, maintenu depuis des millénaires par une raie qui chante, et qui gère ça sans effort apparent : les paroles justes, le Canon intact, une sorte d’Hermione Granger des profondeurs capable de remettre l’ensemble d’équerre d’un simple regard. (Imagine un MTV des abysses, lancé des millénaires avant Video Killed the Radio Star.)

Y’a aussi un triton des mers australes qui passe de temps en temps par là en mode cheerleader.

Les trois quarts du temps tout roule, il suit, il tient le rythme, c’est le Néo de la situation, il voit le code des vagues… jusqu’au moment où les chants se mettent à tourner en boucle, comme un shuffle déréglé sur un iPod de 2004 qui refuse de passer à la suite, et là, sans prévenir vraiment, quelque chose cède, la répétition devient trop dense, les couches s’empilent, et le triton commence à saturer, loud, vraiment loud (que le Krakatoa, à côté, c’est un miaulement de Respawn quand il n’a pas encore faim, mais que bon, faudrait peut être voir à y penser) et il se met à graver n’importe quoi dans la grotte.

“Clair obscur, si j’étais en voiture, je n’l’entendrais pas,
clair obscur tombe pas de la toiture, c’est pas bon, pour toi
clair obscur, avant la peinture, faut apprêter le bois,
clair obscur, sniff de la sciure, en ponçant… tout ça
clair obscur, un immense silure, a gobé mon bras
clair obscur, achète pas cette parure, je n’aime pas les draps
clair obscur, le labo de Bombur, est dans ces coins-là
clair obscur, j’ai mangé nature, un seau de brimbelles, clair obscur, de la confiture, ça n’est pas pour moi
clair obscur la semaine était dure, mais je suis toujours là”

Du coup l’algorithme du gouffre bugue,

“Clair obscur, sors donc tes peintures et salis-toi les doigts” (référence non autorisée détectée)
“Clair obscur, prends donc ta voiture et casse-toi de là” (message subliminal, statut indéterminé)

le chant absorbe, déforme, recycle, devient un mème, et te v’là avec le « Never Gonna Give You Up » des abysses.

Le système essaie de tenir, mais bon, de temps en temps t’as un fragment qui réapparaît, un truc qui n’a rien à faire là, et qui reste collé au cerveau comme une pub YouTube qu’on ne peut pas skipper (tu vois le générique de Pokémon en plein milieu d’un opéra de Wagner ?) et dans le fond du gouffre, entre deux couplets impeccables, ça re pop :

“Clair obscur…
… quand je fais de la couture…
… casse-toi, de làààà…”

Mais qui a planqué le bouton “skip” ?!

NDLR : toute ressemblance avec des personnes existant, ayant existé ou chantant actuellement serait strictement fortuite.

Je remercie chaleureusement Héron du Sud de s’être prêté au jeu du détournement de paroles et d’avoir ainsi contribué à l’écriture de ce texte.

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