spécialiste du rebond incontrôlé






P1st-one est un petit ludion qui apporte un joyeux désordre partout où il passe. Un bureau trop bien rangé ? Il rebondira dessus assez longtemps pour que tous les dossiers soient désordonnés. Un lit trop bien fait ? Il fera tant et si bien qu’au final il ne restera plus qu’un glorieux champ de bataille. Un atelier trop ordonné ? Il renversera assez de casiers pour qu’il ne reste plus qu’une vaste étendue de fils emmêlés, ou d’écrous et boulons dépareillés.
Sa création a suivi de peu la grande disparition de Gamma Centaurii, quand l’univers avait besoin de retrouver un peu de légèreté dans son quotidien.
Aujourd’hui P1st-one est un rappel, peut-être trop démonstratif, que tout finit par passer.
Nom : P1st-one
Espèce : Ludion artisanal
Mission : Semer un joyeux désordre là où règne un ordre trop rigide.
Méthode : Rebonds incontrôlés et actions chaotiques.
Origine : Créé peu après la grande disparition de Gamma Centaurii, pour apporter de la légèreté à un univers endeuillé.
Philosophie : Un rappel, parfois trop démonstratif, que tout finit par passer et que l’ordre n’est qu’une illusion temporaire.
Le Premier Rebond de P1st-one
C’était peu après la Grande Disparition. Le ciel avait perdu l’une de ses plus belles étoiles, Gamma Centaurii, et avec elle, une part de la lumière du monde. Sur Terre, les visages s’étaient fermés, les épaules voûtées. On rangeait, on classait, on ordonnait, comme si mettre de l’ordre dans les petites choses pouvait compenser le grand désordre de l’univers.
Dans un petit atelier silencieux, un artisan avait assemblé des morceaux de liège, de métal et de bois peint. Il ne savait pas trop pourquoi il faisait cela, juste que ses mains avaient besoin de créer quelque chose d’inutile et de libre. Et ainsi naquit P1st-one.
Dès qu’il fut posé sur l’établi, P1st-one sentit le poids du silence. Il vit les outils alignés au millimètre, les vis classées par taille, les plans soigneusement roulés. C’était parfait. C’était triste.
Il ne réfléchit pas longtemps. Il rebondit. Parce que les ludions ne connaissent qu’une seule façon de résoudre les problèmes : rebondir dessus.
D’un petit bond, il fit tomber une règle. D’un autre, il renversa un pot de crayons. Il rebondit sur un classeur, qui glissa et ouvrit un tiroir, libérant une cascade de rondelles qui roulèrent dans tous les sens. L’artisan, d’abord surpris, vit un écrou lui arriver doucement dans la main. Il le regarda, puis regarda le petit robot violet qui le fixait avec son unique œil rouge.
Un sourire, timide, apparut sur son visage. Puis un rire, court mais vrai.
P1st-one avait réussi son premier coup.
Il quitta l’atelier en rebondissant, laissant derrière lui un joyeux désordre de fils, de boulons et de rires retrouvés. De village en village, de maison en maison, il continua sa route. Il défitait les lits trop parfaits, bousculait les piles de livres trop droites, éparpillait les graines trop sagement rangées. Partout, son passage laissait un trace de chaos, mais aussi de sourires revenus.
Il ne savait pas encore que son existence était un rappel : que tout passe, que l’ordre n’est qu’une pause, et que parfois, il faut un peu de désordre pour se souvenir qu’on est vivant.
Mais pour l’instant, P1st-one était juste heureux de voir les visages s’éclairer à nouveau. Et il continua de rebondir.
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